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Bienvenue sur le site de la Communauté cathare d'étude des origines orientales

 

La vie de cette communauté en Occitanie s'inscrit dans la continuité des clercs Bogomiles du monastère-école de Preslav en Bulgarie et d'Ohrid en Macédoine. Cette communauté s'est d'abord développée en Grèce avant de se développer en Terres de Languedoc.

 

La convergence des théologies hétérodoxes, bulgares tournées vers les principes fondamentaux de la Première église chrétienne, face aux  orthodoxies byzantine et romaine, ont conduit l'empereur Siméon Ier de Bulgarie à créer un cinquième patriarcat. Les Byzantins ont qualifié les fidèles de cette hétérodoxie de "bogomiles" qui signifie en glagolitique (ancien slavon) "Celui dont Dieu prend pitié" autrement dit "ces gens qui se croient aimés de Dieu"...  Les moines-prêtres de ce patriarcat essaimeront à travers l'Europe occidentale et l'Asie, le message christique des premiers temps de la chrétienté, ce qui les amènera à se heurter aux églises impériales dominantes. Des hérésies (en occident) et des hétérodoxies (en Orient) seront alors proclamées par les hiérarchies romaine et byzantine. La rencontre de ces "hérésies" (dont le sens premier est "celui qui pense différemment")va donner naissance à ce qu'il est aujourd'hui communément appelé "le catharisme" ; nous sommes en fait confrontés à plusieurs formes de catharisme.

 

Cependant, les pensées cathares n'ont jamais cessées d'être évoquées parmi les populations, tant il est vrai que le Christ nous exhorte à vivre dans la simplicité, le recueillement et l’humilité. Jean l'Evangéliste nous le dit clairement « Celui qui prétend demeurer en Lui doit se conduire lui aussi comme celui-là s’est conduit »(1 Jn 2,6).  La résurgence cathare propose un cheminement spirituel afin de revenir aux sources de l’évangile apostolique. Ce cheminement ne pouvait qu’aboutir au  catharisme puisqu’à travers Jésus-Christ, Dieu révèle un « mystère caché de tout temps en Dieu » : chaque homme est un temple, il reçoit par l’Esprit la lumière divine et peut ainsi communiquer directement avec le Très-Haut. L’Eglise est un temple caché en eux, c’est aussi une assemblée « céleste » qui regroupe les croyants qui souhaitent échanger leur approche de la spiritualité. Nous nous souvenons de cette promesse : « Vous recevrez une puissance, le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans toute la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Galates 3 : 26-29). L’église, selon Paul, est une assemblée céleste voulue par Dieu pour que l’Esprit soit toujours présent en nos âmes. Le Très-Haut, conscient de la diversité d’interprétation possible de son message, accueille tous les hommes qui par la connaissance et la recherche d’une vie spirituelle perfectible, viennent à Lui.

        L'Eglise que nous devons considérer comme une assemblée (ecclesia), n'a pas d'autre but que celui d'être à l'écoute de la diversité d'interprétation dans le respect mutuel. L'étude, la Connaissance et la transmission de cette connaissance doivent apporter réconfort et compassion envers notre prochain.

 

Que le Paraclet vous accompagne,

Fr. Gilles-Henri,

Clerc de la communauté orientale.

 

A l’occasion de l’Epiphanie nous fêtons l’anniversaire de la mise en ligne le 7 janvier 2012 du site de la communauté orientale de l’Eglise de Dieu Cathare

(qui a remplacé le blog «Communauté cathare orientale » créé en 2009)

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Voici sept ans, le 7 janvier 2012, était créée le site « Église cathare orientale ». Communauté des cathares mitigés, cette "ecclesia", regroupe sous cette appellation les communautés de chercheurs, d'historiens, de croyants et de sympathisants qui, dans leur diversité, enrichissent la pensée cathare du XXIème siècle en s'appuyant sur les textes fondamentaux connus (les Rituels de Lyon, de Florence de Dublin ou les actes de Saint-Félix-de Caraman, ainsi que les Écritures bogomiles) qui développent et permettent d'appliquer les préceptes de la Première Église.

 

Une collégiale a été créée voici trois ans pour mieux structurer cette diversité. Ce groupe est peu actif tant il est vrai que peu de divergences apparaissent dans les relations inter-communautés des "mitigés". Le catharisme absolu n’a pas souhaité rejoindre cette collégiale.

 

Le site de cette « ecclesia » s’intitule « Église Cathare – Communauté Orientale ». C’est un choix ; celui-ci signifie que notre communauté ne représente pas tout le catharisme, nous précisons « communauté orientale », autrement dit « mitigée » parce que nous nous tournons vers l’étude des Manuscrits d’Orient et la pratique religieuse des Bogomiles qui sont un pont, avec les Pauliciens, entre l’Orient et l’Occident. Nous revendiquons une continuité apostolique à travers les orthodoxes de rite byzantin puis hétérodoxes bogomiles. En cela nous nous rapprochons aussi de l’Église de l’Orient aujourd’hui Église syriaque ; celle-ci créée à Antioche au début du IIème siècle interprète et pratique la Nouvelle Alliance annoncée par le Christ en dépassant les clivages judéo-chrétiens et pauliniens.

 

"Église Cathare" est à comprendre dans le sens « ecclesia catara », c’est-à-dire « Assemblée cathare », la conduite de cette assemblée est assurée par les philosophes, historiens, chercheurs du catharisme. Il ne s’agit pas de recherches sur l’Histoire des Cathares et de la Croisade, il s’agit de recherches d’interprétation spirituelle basées sur les textes bogomiles et les écrits médiévaux concernant l’hérésie des Bons Chrétiens et Bonnes Chrétiennes en Europe et en Languedoc en particulier.

 

Pour commémorer l’Epiphanie et l’anniversaire du site de l’Église cathare dite Orientale voici un extrait de l’étude  « Les Amis de Dieu… Écritures d’Orient » de Gilles-Henri Tardy.

 

Anita de Laparra.

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Les Enfants de l’Aube

 

Le Christ Consolateur

 

L’objet du présent paragraphe n’est pas de nous pencher sur la nature de Jésus, sa nature humaine, son engagement dans la revendication d’une lignée davidique, mais de faire une approche de son essence divine, bien que l’une et l’autre ne soient pas incompatibles. Nous pourrions avancer que Jésus incarne le Christ, le nouveau Christ. En fait, Jésus n’incarne pas l’Esprit puisque incarnation et Esprit ne sont pas de la même essence et que le mélange ne peut se faire. Retenons, selon cette vue, que Jésus reçoit en pensée l’Esprit, et que c’est de la sorte qu’ Il est le messager du Très-Haut. Une de ses  «missions » de caractère exotérique est de renouer l’Alliance avec Dieu par l’enseignement de l’Amour envers son prochain.

 

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Les textes anciens de la Bible nous enseignent que le Saint-Esprit est sur nous. Mais ce que Jésus-Christ nous apporte c’est la bonne nouvelle : le logos s’est fait esprit pour recréer l’être humain. Celui-ci n’est plus spectateur du monde, il participe au monde, il en émerge, il est au monde et doit vivre pleinement sa condition humaine. Pour autant, l’Esprit est descendu en lui, l’homme peut et doit faire jaillir de son âme cette étincelle de lumière, don de Dieu. Il doit, par une vie d’amour partagé, par un comportement tendant à une plus grande spiritualité, repousser les ténèbres qui obscurcissent son cœur. La douleur de vivre dans le monde du prince du mal est amoindrie par l’acceptation du service au Très-Haut, par le don de soi envers son prochain. L’Esprit permet à l’homme d’être «consolé» des vicissitudes de cette vie issue de la matière tout en se rapprochant de Dieu.

Le Christ Consolateur doit donc être entendu comme le Messager de l’Esprit Saint. Pour les Cathares, Jésus est avant tout un être de Lumière, un Esprit pur.

Lorsque Jésus dit : «Je vous enverrai un autre Consolateur», il énonce clairement qu’il fera venir sur nous l’Esprit, le moment venu.

 

Quel est-il ce moment venu ?

Lorsqu’un homme porte en lui le Logos, l’étincelle de lumière et que celle-ci est éveillée en son âme, il consacre alors sa vie au processus de renaissance de sa spiritualité qui le conduit sur le chemin qui mène aux sphères célestes, rejetant le monde visible du principe du Mal dans le Néant. Ainsi chaque être humain peut-il, lorsqu’il a pris conscience qu’il porte l’étincelle divine en lui, décider du moment où il reçoit pleinement l’Esprit consolateur, cet Esprit qui le console de ce passage terrestre qu’il doit vivre. L’homme ouvert à la consolation est un être affligé, il appréhende alors la nature originelle où règne la Lumière, l’Amour, le Logos. C’est le royaume du Dieu légitime. L’homme est alors confronté à la réalité de la nature terrestre. Le monde visible et  matériel est temporaire, il est voué à la corruption et à la destruction. Ce monde est transitoire et on peut y échapper par la Connaissance, par la recherche d’une spiritualité toujours plus grande.

Ainsi le message ultime du Christ annonce-t-il la Nouvelle Alliance, un don de clairvoyance en la destinée de l’âme grâce à l’esprit qui viendra emplir les cœurs : «Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m’en aille. Car, si je ne m’en vais pas, le consolateur ne viendra pas vers vous ; mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement».

Le Christ est le guide, Jésus est le messager. Pour que l’homme  s’émancipe, prenne une pleine possession de son propre esprit, sans qu’il y ait toujours l’intercession du Christ, il faut que Jésus retourne auprès du Père. Cette Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes est basée sur le don de l’Esprit. Faut-il alors que l’homme devienne réceptif à ce don, qu’il l’accepte et comprenne ce que cela signifie pour lui : la délivrance du monde de la matière. Jésus dit : «Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus ; et puis encore un peu de temps et vous me verrez, parce que je vais au Père». Plus loin : «En vérité, en vérité, je vous le dis, vous pleurerez (…) vous serez dans la tristesse, mais votre tristesse se changera en joie».

Les disciples questionnèrent Jésus sur ce que signifiaient ces paroles. Il précisa qu’ils le reverraient en Esprit et que cela serait possible s’ils avaient foi en Lui, en la Connaissance : «Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom.  Demandez et vous recevrez, afin que votre joie soit parfaite».

 Le Christ consolateur rassura alors ses disciples : «Je vous ai dit ces choses afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde». Par ces mots, Jésus entendait délivrer ce message que le monde pouvait être sauvé par l’Esprit de vérité. Pour les disciples ce fut certainement une réelle incompréhension, une « vérité cachée », un concept dans l’abstrait… Le chemin serait jonché d’obstacles mais, avec la persévérance, l’homme s’émanciperait cette fois du principe du Mal. « Et quand il sera venu (le Consolateur), il convaincra le monde en ce qui concerne (…) le jugement : (…) parce que le prince de ce monde est jugé ». A partir de ce moment, il appartient à l’homme de s’affranchir du Malin en ouvrant son âme à l’Esprit qui console des maux de ce monde.

Je ferai ici une parenthèse car à la lecture de ce qui précède nous ne pouvons remarquer qu’une chose : ce discours est éminemment gnostique. Quel rapport Jésus-Christ entretenait-il avec le gnosticisme ? S’il a côtoyé les Esséniens (qui sont un ensemble de mouvements dont on connaît l’existence plus précisément par les manuscrits de la mer Morte, Philon et Flavius Josèphe) et les Oniassiens de Léontopolis, il est probable qu’il aura fréquenté les gnostiques et en aura synthétisé les approches spirituelles. La gnose n’est évidemment pas une réaction au christianisme, elle lui préexiste très largement. Si nous admettons qu’il y ait d’évidents relents gnostiques chez Paul, en vertu de sa situation historico-culturelle, nous sommes alors obligés de poser une question majeure : si le Christ lui-même n’est pas gnostique, mais si le fondateur du christianisme l’est et développe une pensée qui en est inspirée, alors il y a détournement. La condition pour que le christianisme issu de Paul ne soit pas une contrefaçon du Christ, c’est que le Christ soit lui-même gnostique. Pouvons-nous donc envisager la possibilité que le Christ fût gnostique ?

 

Simple question qui pour le développement du message christique qui nous concerne ne demande pas à recevoir de réponse. Le Christ s’est exprimé, c’est cela qui nous importe.

 

Le Message christique de la consolation

Que l’on vienne à nous parler de Menahem ou de Mahomet comme «consolateurs», que l’on débatte sur l’annonce faite par Jésus sur «Je vous enverrai un autre Consolateur», ou que l’on nous dise que «Jésus est un mythe», tout cela n’a pas de sens au regard du Message divin délivré aux «Enfants de l’Aube», aux «Etres de Lumière», tels que les manuscrits de la Mer Morte nous le rapportent. En effet, dans d’anciennes traductions de l’Ancien Testament, le mot « paraclet » et les verbes qui se rapportaient à lui étaient utilisés pour traduire le verbe hébreu nahem qui signifie «consoler». De ce verbe nahem proviennent les noms menahem et menahemim «consolateur» et «consolateurs». C’est pour cela que Paul et ses successeurs ont parlé du Paraclet comme de quelqu’un qui console les affligés. Et c’est cela que les chiites ont retenu : le Mahdi était celui qui reviendrait apporter la justice et la consolation en ce monde.  Mais cette interprétation ne s’accorde pas tout à fait avec la description donnée par Jean dans son évangile puisque la «consolation des affligés» n’y est pas décrite comme étant la manifestation de «quelqu’un». De fait, Jésus dit : «Le consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit».

L’Évangile de Jean décrit le Paraclet comme l’«Esprit de vérité» (14, 17). Cependant, la découverte des manuscrits de la mer Morte nous éclaire d’une lumière nouvelle sur le Paraclet.  Bien avant la découverte des rouleaux de Qumran, des spécialistes avaient attiré l’attention sur les origines juives de cette expression. Les textes montrent avec évidence que « l’Esprit de vérité » jouait un rôle central dans la théologie de la communauté de Qumran. Il représentait le côté positif dans la vision dualiste, caractéristique de la communauté essénienne, qui opposait lumière et ténèbres, vérité et mensonge. Plusieurs spécialistes ont, en conséquence, estimé que la figure du Paraclet chez Jean était liée à la philosophie inhérente aux rouleaux de la mer Morte.   

Nous sommes, en conséquence, en présence d’une constante dans le Message divin. Celui-ci énonce clairement que le Consolateur est l’Esprit du Très-Haut offert à l’humanité. L’homme reçoit le pouvoir d’ouverture au divin grâce au Logos auquel il participe. Le Paraclet annoncé par Jésus est également évoqué dans Luc comme un des prophètes ayant contribué à la fondation de la communauté d’Antioche.

Gilles-Henri Tardy.

 

 

 

 

Références :

- G.H.Tardy dans« Le Catharisme Oriental – Mythologie et philosophe »,  Tome I, chapitre : Le Christ Consolateur.

- La lignée davidique continue à faire débat. Menahem l’Essénien prophétisa au jeune Hérode qu’il serait «roi des Juifs». Ce Menahem sera expulsé et rejeté par le Sanhédrin lors de la révolte qui suivit la mort d’Hérode-le-Grand en  - 4 avant J.-C.  Jésus serait alors devenu le continuateur de la lignée d’où le titre de «roi des juifs» donné par Ponce Pilate, donné non pas par dérision, mais pour bien marquer la supériorité des Romains et étouffer toute velléité de s’approprier le trône d’Israël sans le consentement de l’occupant. Un autre Menahem revendiquera, après Jésus, le trône d’Israël. Jésus dit de lui  prophétiquement: «il vous gouvernera d’une main de fer» (cf. Flavius Joseph).

- Jean 16 : 7-8

- Jean 16 : 16, 20

- Jean 16 : 24 («Demandez en mon nom» c'est-à-dire : demandez en Esprit, à celui qui veille sur vous, le Paraclet).     

- Jean 16 : 33 (ces paroles fortes montrent que le Christ voyait loin en l’avenir « à l’échelle du temps de l’homme »).

- Jean 16 : 8-9

- Les textes de Qumran nous révèlent qu’un autre messie, essénien, du nom de Menahem, aurait été considéré comme le Paraclet. Ce sage fut tué par les Romains.

- Jean, 14 : 26

- (…) Saul fut élevé chez Hérode Agrippa avec Menahem (Actes, 13 : 1-2).

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