La communauté cathare orientale

Le "Catharisme oriental" est une communauté spirituelle (Ecclesia Spiritualis"), elle a pour objectif de mieux comprendre en quoi consiste le catharisme issu du bogomilisme en général et plus particulièrement du bogomilisme modéré de "l'ordo bulgaria" (notre communauté s'appuie sur les travaux de la faculté de théologie de l'université de Genève, et des universités de Thessalonique, de Skopje et de Sofia).
Nous entretenons de bonnes relations avec les communautés cathares de France en Occitanie, en Belgique, en Italie, au Brésil avec la branche Jessenienne et en Turquie avec les Alévis-Bektachis.


Deux activités principales nous animent : l'étude des textes, leur compréhension et la transmission de la connaissance. Mais l'essence même de la communauté est de parvenir à cheminer dans la voie spirituelle dessinée par le Christ en étant ouvert et à l'écoute de notre prochain, quelque puisse être sa religion ou son athéisme, car Dieu est Unique dans sa diversité d'appellation.

Plusieurs communautés développent une démarche spirituelle qui leur est propre. Les quelques divergences portent essentiellement sur la pratique des rituels adoptés ou plus souvent parce qu'elles se sont spécialisées dans l'étude des Évangiles ou dans la recherche des origines de ce mouvement spirituelle. Mais les points de convergences et les origines communes (bogomile, paulicianisme, paulinienne, rhénane, retour de Terre Sainte...) permettent une reconnaissance mutuelle et respectueuse des approches qui les conduisent sur le chemin du Message christique, c'est à dire vers le christianisme primitif, dans sa simplicité d'être et sa rigueur.
 
Ainsi, loin d'être un obstacle, la diversité cathare devient une richesse par l'écoute et la complémentarité. Nous laissons le soin aux communautés qui pour la plupart sont déjà représentées au sein de la Collégiale cathare, de se présenter en quelques lignes.
Dors et déjà voici les liens qui vous permettront de prendre l'attache de ces communautés :
- La communauté d'Occitanie regroupe les associations :
      - Carrefour Cathare
      - Flamme Cathare
      - Cercle Raymond Llule-Tolosa
      - La Collégiale des communautés cathares
- La communauté internationale :
      - Spiritualité bektachis (Grèce du Nord et Turquie)
      - Jesseniens au Brésil
      - Communauté macédonienne (Jabolcicté, préfecture de Bogomile)
      - Les communautés d'Italie
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Ces associations et communautés prônent une spiritualité issue de "l'Ordo Bulgaria" (Bogomilisme modéré).
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Association partenaire :
       - Humani Association, entraide hospitalière et actualité de l'humanitaire ("Rien de ce qui est humain ne m'est étranger").
       - La Société du Souvenir et des Etudes Cathares (créée en 1949, publie les Cahiers d'études cathares, propriétaire de la stèle commémorative de Montségur).
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Toutes informations peuvent être obtenues en adressant un courriel au secrétariat de la Collégiale : henryaygalenq@gmail.com
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La communauté ecclésiale cathare :

reconnaissance et sujet de droit

 

 

GILLES HENRI TARDY·DIMANCHE 2 FÉVRIER 2020·

 

Communication 2 février 2020 – Gilles Henri Tardy

 

 

De nombreux philosophes, historiens, sociologues et parfois quelques théologiens se sont penchés sur le phénomène de la dissidence bogomile et l’émergence de l’hérésie dite cathare. Pour ce qui concerne le Languedoc nous connaissons les Nelli, Roquebert, Rocher, Brenon et bien d’autres dont on me pardonnera de ne pas tous les citer ; on ajoutera les chercheuses et chercheurs dont Bertran de La Farge a dressé une longue liste et qui reste non-exhaustive. C'est dire l’intérêt qui est porté à l’épopée cathare. Mais l’intérêt majeur est celui que l’on porte, en avant de la vie sociétale des cathares, à la vision et à l’interprétation que porte ce mouvement à la chrétienté d’origine. Cette chrétienté dite primitive est le reflet le plus fidèle possible du Message christique. C’est sur les fondamentaux de ce Message que s’inscrit le bogomilisme façonné par les Bulgares lorsqu’en 865 ils adoptent la religion chrétienne : le souci de ce peuple et de ses dirigeants est de connaître les origines de la chrétienté ; des théologiens et philosophes bulgares et byzantins vont alors effectuer des recherches approfondies sur les fondamentaux de cette religion. Il en découlera une confrontation entre les ors et pompes des prélats en place et le dépouillement matériel prôné par le Christ afin de s’approcher de cette « fine pointe de l’âme » qui affleure en fin de bonne vie à l’Esprit saint. Le peuple adhère très vite à ces interprétations retrouvées de la chrétienté, ils deviendront, selon le vocable byzantin, hétérodoxe (Xème siècle) et à partir du XIème siècle en extrême Occident, des ‘’hérétiques’’.

Jean Duvernoy, résume ainsi la difficile compréhension que nous pouvons avoir du Bogomilisme qui se transmettra à des populations sous différents vocables dont celui de ‘’catharisme’’ : « Le traducianisme (en théologie, doctrine affirmant que l'hérédité porte sur l'âme comme sur le corps, c’est-à-dire que l’âme d’un individu est héritée de l’âme de ses parents) a été professé par les bogomiles bulgares et par les cathares du Milanais. Mais ce sont les "origénistes" qui ont laissé le plus de traces dans l’histoire et la polémique religieuse.

De nos jours encore, on attache un intérêt excessif au point de savoir si tels ou tels cathares reconnaissaient un ou deux dieux, étaient "monarchiens" ou "dyarchiens", "absolus" ou "mitigés", etc.... En fait, mis à part le fait que le Dieu de l’Ancien Testament n’en était pas un ou n’était pas le bon, la théologie cathare n’était qu’un travail en recherche scripturaire. Seule comptait la validité du sacrement unique, du "consolament", qui exigeait une succession de détenteurs impeccables depuis les apôtres. Les schismes ne portaient que sur des questions de personnes.

Mais la faveur que connaît le catharisme parmi les historiens et aussi le grand public vient de ce qu’il peut être "raconté" dans son destin tragique à travers les récits de la croisade contre les Albigeois et les interrogatoires de l’inquisition. Ceux-ci permettent d’avoir, pour un siècle allant de 1235 à 1335, une connaissance incomparable des modes de vie, de la mentalité, des relations sociales et de la patronymie du Languedoc ».

                                                                                        

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Revenir aux fondamentaux de la chrétienté en rejetant le fondamentalisme dogmatique de Constantinople et de Rome, c’est le but de « l’Ordo Bulgaria » (doctrine dite mitigée bulgare).

Pour y parvenir, le roi Siméon Ier de Bulgarie (IX-Xème siècles), encourage un premier groupe d’étude au monastère-école de Preslav, capitale du royaume. Avec Cyril et Méthode, avec Naum d’Ohrid (puis de Preslav), avec le mystérieux Chrarb, la langue slave des Bulgares s’enrichit de graphèmes grâce au développement du ‘’glagolitique’’ inventé sur la base de l’alphabet grec afin de permettre une meilleure traduction des textes et manuscrits d’Orient ayant un rapport avec les évangélistes mais aussi avec les disciples, écoles de pensée et apôtres comme Thomas qui laisse des Logia encore à méditer de nos jours (voir l’étude approfondie de José Vidal).

« Des érudits au service du peuple » (mon livre « Les Amis de Dieu… Écritures d’Orient », Athènes, 2016-2019). L’érémitisme se répandra considérablement en Bulgarie, ce phénomène est dû essentiellement à la pauvreté du peuple. Les changements sociétaux nécessaires imposent naturellement à Siméon Ier de structurer différemment la hiérarchie de l’église orthodoxe du pays pour répondre aux besoins du peuple. Il va alors s’imposer face aux patriarches des quatre grandes métropoles de la chrétienté en créant un cinquième patriarcat ; le changement est institutionnalisé, les mouvements populaires soutiennent les engagements du souverain laissant les ors et coutumes ostentatoires au temporel. Le spirituel l’emporte, ce qui fera dire aux byzantins : « Quoi ? Qui sont ces gens qui se disent ‘’Amis de Dieu’’ (du grec byzantin bogomiloi, du bulgare bog, dieu, et mile, ami).

                                                                                         

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Si « Le Passé est Imprévisible » (mon exposé sur les Manuscrits d’Orient, 2018), l’étude de la théologie réserve, quant à elle, des surprises. Nous redécouvrons ainsi certaines conceptions que nous estimons récentes. Les docteurs de l’Eglise ont souvent ignoré d’anciennes doctrines qu'en toute quiétude nous appelons aujourd’hui traditionnelles, alors qu'elles datent des premiers siècles et pour quelques-unes du moyen âge. Il en est ainsi de la nomination des évêques, de l’importance doctrinale élaborée par les ecclésias et de la coutume qui en découle ; ces exemples serviront de trame pour la suite de cette communication.

Après la croisade contre les Albigeois et le peuple occitan, Rome renforcera sa main mise sur l’appareil ecclésial ; il faudra attendre le milieu du XVème siècle pour que Charles VII impose au pape la « Pragmatique sanction de Bourges » qui lui permet de reprendre l’initiative dans la nomination des évêques, c’est un des aspects du gallicanisme qui perdurera jusqu’en 1905 avec, il est vrai, des hauts et des bas (François Ier, Louis XIV, Napoléon, la Troisième République, dont on attend encore aujourd’hui de connaître quelle Constitution l’a légitimée…, personnages et institution qui remettront en question le gallicanisme et son rapport à l’influence de Rome).

 

La communauté ecclésiale dans la structure étatique romaine.-

La norme d'élection des évêques avait déjà été rappelée par le pape Léon (440-461) : « Celui qui doit être à la tête de tous doit être élu par tous, ‘’qui praefuturus est omnibus, ab omnibus eligatur’’» tout en ajoutant que « le métropolitain doit régler le processus du remplacement d'un évêque défunt ». Ainsi, au cours des dix premiers siècles aucune intervention formelle du pape n'apparaît dans la nomination des évêques, sauf dans son entourage immédiat.

L'histoire nous montre qu'une avancée institutionnelle ou doctrinale peut, au cours des siècles, être soumise à de nombreuses influences, heureuses ou dommageables, selon qu’il se trouve un éclairage nouveau, un oubli ou une mise en sommeil, mais aussi si des données participent à un réveil ou une résurgence. Gustave Thils, théologien (son livre « Mission du clergé », 1942), nous dit : « que Pie X adressa à l'Église de France le 11 février 1906, au lendemain du vote de la loi sur la séparation de l'Église et l'État que : « L'Église est une société comprenant deux catégories de personnes, les Pasteurs et le troupeau, ceux qui occupent un rang dans les différents degrés de sa hiérarchie et la multitude des fidèles. Et ces catégories sont tellement distinctes entre elles que dans le corps pastoral seul résident le droit et l'autorité nécessaire pour promouvoir et diriger tous les membres vers la fin de la société ; quant à la multitude, elle n'a pas d'autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses Pasteurs, gubernari se pati et rectorum sequi ductum obedienter » (Actes de Pie X, Paris, Bonne Presse, II, p. 133-135 (trad. franc, officielle), et ASS, XXXIX (1906), p. 8-9.). Il convient de préciser que les encycliques actuelles ne partagent pas ces vues. Toutefois, il me fallait faire ce petit rappel pour montrer la déviance de l’acte d’élection des évêques et la défiance envers le peuple que les prélats de Rome pouvaient lui porter.

Or, et nous sommes en accord avec Gustave Thils lorsqu’il évoque le fait que : « L'Église n'est pas seulement, ni d'abord, un groupe de ministres et de pasteurs dirigeant un autre groupe, des laïcs considérés individuellement ou même collectivement. Elle est, primordialement, la communauté des baptisés dans son ensemble : communauté qui jouit, comme telle, d'une place, d'un rôle, d'un statut théologiques, et qui peut être, par conséquent, — et toujours dans son ensemble, — sujet de l'œuvre ecclésiastique et sujet de droit. Il existe à maints égards une priorité de la communauté ecclésiale par rapport à ses diverses structurations ». Bien que non baptisés, les fidèles cathares de l’église de Dieu ne disent pas autrement.

 

 

Igoumène Georgos en recueillement au monastère St-George de Feneos (Péloponèse, Grèce).

Ici pas de chapelle pour prier, une chambre sous le toit de l'église qui, elle,

 est réservée aux fidèles lors des fêtes liturgiques.

 

La conception ecclésiale dans les communautés cathares.-

Outre la nomination par consensus des évêques et la « consolation » chez les Cathares, exercées par la « participation active » des fidèles aux cérémonies cultuelles doit-on comprendre que les fidèles prennent part avec ferveur et avec foi à une action dont le ministre seul est le sujet ? Ou les invite-t-on à accomplir l'acte cultuel dont ils sont eux-mêmes le sujet avec le ministre (ou le clerc cathare), seul habilité à accomplir en outre certaines démarches de cette célébration ? Il est délicat de s'avancer dans ce domaine : mais on peut d'ores et déjà affirmer que serait incomplète une ecclésiologie chrétienne qui ne donnerait guère de place à la communauté des chrétiens comme « sujet » d'une action liturgique ou eucharistique. La célébration eucharistique n'est-elle pas « l'action sacerdotale majeure du peuple de Dieu »?

Le Saint Esprit est le principe de notre communion avec le Christ et, dans le Christ, entre nous. Cette communion que constitue une réunion est le principe en vertu duquel les fidèles se forment en assemblée (ecclesia, en grec) et sont, dans leur unité organique de Corps du Christ, le sujet des actions liturgiques.

Or, ce qui a fondamentalement changé au moyen-âge, c’est que l’on considère à Rome que l’ecclésia est désormais la « communauté des saints » (les martyrs, les philosophes spirituels, mais aussi les évêques et les docteurs). Durant cette période on précise et on catégorise. «La scolastique élabore une théorie des sacrements, des pouvoirs ecclésiastiques, des ordres dans l'Église. Et l'on est ainsi passé «d'une ecclésiologie de l’ecclésia à une ecclésiologie des pouvoirs» (Yves Congar, « L'ecclesia» ou communauté chrétienne, p. 261. 16). On comprend mieux qu’une prise de conscience de clercs (comme à Orléans), a pu entraîner une réticence et conduire de savants théologiens à une rupture avec Rome et créer, de fait, une « hérésie » alors que cette dernière était tout à fait l’œuvre des papistes qui par un renversement de la pensée alors dominante, entreprit une action néfaste (fomenta) envers le Message christique.

Josef Jungmann, théologien allemand, écrit que « La communauté rassemblée, comme telle, est précisément le sujet de la célébration. Que le prêtre n'est le sujet de la célébration que dans la mesure où il partage la vie du sujet qu'est la communauté rassemblée et se trouve être son interprète » (Missarum Sollemnia. Explication génétique de la messe romaine. Paris 1952).

 

Quelle existence communautaire ?-

Les incompréhensions se raccrochent à de mauvaises interprétations ou à des transformations de celles-ci car le temps et les lieux modifient les perceptions. Cela est aussi vrai pour l’interprétation des textes étudiés par les hérésiologues qui peuvent se raccrocher à des vérités mal comprises. Ceci nous explique pourquoi une diversité de vues s’exerce dans une même communauté. Mais cela ne sauraient nous excuser de méconnaître l'évidence première du Message authentique. Concernant l’ecclésia, rappelons-nous qu’elle n'existe pas d'emblée comme une espèce de dispositif destiné à établir de-ci, de-là des comptoirs déployant un réseau centripète d'évangélisation. L’ecclésia se constitue, au contraire, de communautés essentiellement locales, et n'a jamais, à vrai dire, d'existence actuelle que dans ces dernières où des hommes et des femmes « réels » vivent concrètement une vie commune, de foi partagée, de prière unanime, de communion et de charité.

 

Les charges au sein de l’ecclesia.-

La discipline reçue pendant les six premiers siècles se résume ainsi : l'institution des évêques appartient au collège épiscopal. C'est par une cooptation suivie de l'imposition des mains que se recrute ordinairement l'épiscopat. Le second, c'est qu'aucun évêque ne peut être choisi en dehors et sans l'assentiment de la communauté. L'élection (l’ordinatio), appartient à une collégiale de clercs, mais l’ordonné ne peut être imposé à sa communauté, il ne reçoit pas son pouvoir d'un vote populaire pour la raison que la collégiale doit, après le choix proposé, s’assurer de l’honorabilité et de l’acquisition des compétences nécessaires à unifier et à enseigner la doctrine ; cependant, il ne peut exercer sa charge qu'avec le libre consentement de tous.

S’agissant, au sein de la communauté cathare de la « consolation », l’ecclésia doit tacitement s’assurer de « l’état d’esprit » dans lequel se trouve le récipiendaire. L’Ancien reconnu, comme tel par la communauté, n’est pas systématiquement « consolé ».

 

La communauté, sujet d'action ecclésiale.-

C'est la communauté des fidèles vivant de la vie de l'Esprit qui encourage et fortifie chacune et chacun dans sa démarche intime qui le conduit à cet « état d’esprit » qui fait d’elle et de lui, un croyant cathare. Individualité renforcée par l’accompagnement bienfaisant de la communauté qui se manifeste en ecclésia. La communauté des fidèles n’est pas fantomatique, elle est un groupe humain concret et bien déterminé ; c’est sa forme pastorale et aussi sa liberté d’expression. Cependant, il ne siérait pas que « le droit ou la coutume » ecclésiastiques s'écartent des fondamentaux chrétiens et de leurs interprétations venues et tenues dans les Écritures. Ceci justifie la constitution d’un groupe laïc, constitué de personnes instruites en matière d’histoire, de sociologie o/et de théologie… afin d’étudier et de transmettre le savoir aux assemblées de fidèles. Il s’agit de ne pas s’éloigner, voire de retrouver, les normes essentielles qui fondèrent le catharisme : il faut admettre que l’ecclésia est un sujet de « droit » dans la communauté. L’Eglise de Dieu n’est pas une assemblée élitiste où d’un côté il y aurait celles et ceux qui détiendrait un savoir supérieur, savoir légitimement reconnu certes, et d’un autre côté les croyants considérés individuellement et qui n’accèderaient pas à la grâce d’être qualifiés de cathare.

L'ecclésia est une communauté et détient, dans son ensemble, le devoir de décision sur la vie et l’organisation de la communauté, étant bien compris que «Dans la Maison de mon Père il y a plusieurs demeures» et «Que nous sommes tous en Christ».

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